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La dernière séance

Multiples séances  (La dernière séance) posté le dimanche 02 novembre 2008 20:09

Récemment sur son blog, Martin Winckler décrivait l'évolution de son mode de consommation (j'aime pas ce mot mais je ne trouve pas mieux) de ses lectures et de ses visions de films ou séries. Une évolution logique que chacun de nous peux avoir compte tenu de l'évolution de sa propre vie personnelle et professionnelle. Il est clair qu'on ne regarde pas de la même façon quand on est un étudiant de 20 ans que quand on est un père de famille de 40 ans. De plus on est plus sélectif après être passé par une phase de découverte boulémique. Il arrive un moment où, tout en gardant une certaine curiosité, on privilégie certain genre et histoire au détriment d'autre. 

Cela serait intéressant de collecter ce type de témoignage un jour. Enfin bref cette introduction pour vous dire qu'alors qu'il y a encore quelques années je fonçais au cinéma dès que je le pouvais, mon travail, mon domicile et ma fainéantise ont fait que je préfère actuellement groupé les films que je veux voir et me faire une bonne journée ciné. Comme celle que j'ai faite aujourd'hui et donc tout de suite, en direct et sans filet voici le petit compte rendu.



Vraiment décevant et c'est dommage. Décevant parce qu'il y avait du potentiel dans l'idée de faire du film une suite directe à Casino Royale en l'inscrivant dans une démarche de déconstruction/reconstruction du mythe afin qu'au final on se retrouve avec un James Bond héritiers de ces prédécesseurs et prêt à fait la nique aux petit clones estampillés JB.

Sauf que les nombreuses scènes d'action sont absolument naze. Filmé par un parkinsonien où bien sans rythme, enjeu, intérêt ou quoique ce soit d'autre.

Sauf que tout les persos secondaire sont ridicule en commençant par le méchant. Encore plus anecdotique que Le chiffre voila Greene dont le rôle est de porter des valises et jouer au tradeurs. C'est con pour Almaric, il à du talent mais quand tu as un personnage de merde à interpréter tu peux pas faire grand chose (et on zappe poliment sur M, l'aide de Greene, Rastapopoulos, les américains etc etc).

Sauf que ça se veut tellement moderne et réaliste que ça paraitra vieux et ringards dans pas longtemps.

Sauf que la bonne histoire annoncée (Bond contre une grande organisation international et ses propres chefs) commence au bout d'une heure (la scène de l'opéra où par magie Craig décide d'incarner Bond) et ne vas jamais jusqu'au bout (en guise de confrontation avec sa hierarchie il se fait juste taper sur les doigts par M)

Vraiment décevant




Bon alors là je suis bien embété. A part vous faire une suite de superlatif tel que "grandiose" "magnifique" "excellent" je ne sais pas trop quoi dire.

Bon ce qui frappe au premiers abords c'est la richesse graphique d'un film au budget moyen. Comme l'écrivait un ami : "le film n'a couté que 70 petits millions de dollars (même pas la moitie de Dark Knight, on a vraiment envie d'envoyer la brigade financière chez Nolan)"

(en passant il y a beaucoup de chose que j'aimerais envoyer chez Nolan ou dans sa tronche pour avoir fait un film aussi minable que The Dark Knight)

On galvaude énormément le terme généreux quand on parle d'un cinéaste mais il est clair que cet adjectif correspond tout à fait à Del Toro qui n'hésite jamais à remplir son cadre de créatures magnifiques dans de superbe décors. S'il n'y a qu'une scène à évoquer pour souligner cette qualité c'est bien entendu la visite au marché des Trolls. Une véritable descente dans un monde féerique, un régal pour les yeux qui rappelle forcément l'arivée de Luke Skywalker et Ben Kenobi à Mos Esley dans La guerre des étoiles.

Je dois avouer que je ne suis pas franchement fan de la BD HellBoy. Le dessin de Mignola est très bien mais je n'accroche pas vraiment et je trouve que l'histoire tourne rond. L'adaptation par Del Toro me plait dans le sens où il s'est réapproprié le personnage pour l'intégré à son univers. Le premier Hellboy rester très proche de l'univers de la BD. Très inspiré par les oeuvres de Lovecraft, le film exploité tout le bestiaire de Mignola avec en tête Raspoutine et Kroenen.

Hellboy 2 pourrait être sous titrer "Pan's Labyrinthe meet Hellboy" tant on retrouve le bestiaire du mexicain dans ce deuxième volet. Cette histoire de guerre entre humain et créature magique est donc l'occasion d'un débordement visuel sans comparaison mais aussi l'occasion pour Del toro de parler de la place d'un homme différent dans la société et dans sa famille. Sur ce point il s'en sort extrêmement bien faisant preuve de sensibilité et de perspicacité quand aux rapports humains. La scène de beuverie entre Red et Abe est le parfait exemple. 

Le parfait exemple aussi d'un ton du film qui n'a pas fait l'unanimité. Le film est très comique, alligne beaucoup de répliques marrante et de part son sujet fais beaucoup penser à une suite de Men In Black. Pour autant je trouve l'ensemble vraiment bien dosé et après la bouillie indigeste de Quantum of Solace il est vraiment réjouissant et reposant de savourer des scènes d'actions lisibles et excitantes.




Voila un western tout ce qui à de plus classique mais maitrisé de bout en bout et porter par un trio d'acteurs excellents. Pour être plus précis si Jeremy Irons est bon comme à son habitude, c'est bien sur la force tranquille d'Ed Harris et de Viggo Mortensen qui en impose durant tout le film. On à reprocher aux films d'être bourré de clichés mais c'est bien sur confondre clichés et code du genre que d'affirmer cela. Cest quand même un film bien pépére sans grande tension mais ca n'empeche pas que c'est un vrai plaisir que de voir l'interprétation de deux acteurs qui prennent beaucoup de plaisir à jouer ensemble.

Ca commence par des fausses pub et bande annonces qui se payent le luxe d'être déilrante et d'introduire les héros du film. Ca continue avec une ouverture punchy se concluant avec force d'émotions (si, si). Et ca continue encore et encore. Même si le film souffre de quelques longueurs et joue beaucoup sur l'effet de surprise ca n'en reste pas moins un pur délire avec des gags énorme et bien méchants. Stiller n'est pas un manchot avec la caméra et il le prouve là encore.

Néamoins dans le même genre (acteurs se retrouvant des l'univers de leurs personnages) le vrai bijou restera encore un fabuleux film très peu connu : Galaxy Quest.

Je voulais vous en parler justement, la vision de Tropic Thunder m'ayant donné envie de le revoir et d'en faire un petit texte. Le problème c'est que je ne sais pas du tout où j'ai foutu le film. Enfin ca sera pour bientot. En attendant et pour résumer le Bond n'est pas terrible et Hellboy c'est mortel. Entre les deux un bon western et une excellente comédie.


 

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Les Films Catastrophes - Ce soir : The Core  (La dernière séance) posté le dimanche 26 octobre 2008 20:47

Genre o combien populaire jouant sur le plaisir sadique que nous avons à voir nos semblables s'en prendre plein la tronche, le film catastrophe traverse le temps pour s'adapter aux dernières modes tout en restant figé dans un schéma narratif qui désespère beaucoup et font la joie des admirateurs de nanars.


[www.Storyofmylife.fr]Ma rencontre avec ce type de film s'est fait grâce à FR3 et sa case ciné. Enfin je sais bien que j'ai vu d'autre film sur d'autre chaine mais que voulez vous, pour moi la chaine qui diffusa cette grandiose émission que fut La dernière séance restera jamais affilié aux films catastrophe suite à la vision d'un homme tombant sur une énorme table de jeux dans un paquebot retourné ou de touriste tombant dans une rivière de lave.[/www.Storyofmylife.com]

C'est ça les films catastrophe 2h30 de niaiserie pour quelques moments d'images chocs, de destructions et de morts horribles. Alors c'est sur que pour se donner bonne conscience il faut parler de ces couples qui résolvent leurs problèmes a bord d'un avion qui s'écrase mais franchement personne n'est dupe.

Fan des immeubles en feu, des astéroïdes qui se crachent, des volcans qui éclatent en plein L.A (franchement la meilleure idée du siècle), des monstres qui attaquent la villes etc etc viendez ici. Il y a boire et la musique et bonne.

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Bon c'est pas tout ça mais je vais vous parler du film qui m'a poussé à écrire ce petit sujet vu que j'ai trouvé nulle part trace de ce petit bijou. D'un autré coté je comprend pourquoi hein.

Alors je vais pas vous parler des classiques où Steeve Mc Queen ou Sylverter Stalonne sauve les gens. Nonnnn je vais vous parler de ça :



Quoi me dites pas que vous vous en souvenez pas ? Ca date d'a peine 5 ans.........Bon ok

Alors plutot que d'aller chercher un problème dans l'espace, voila que nos petit gars d'Hollywood décide que cette fois la catastrophe qui emmerdera tous le monde (enfin plus les USA hein, et les italiens aussi allez savoir pourquoi) se trouvera au centre de la Terre.

Par on ne sait quel miracle voila que le noyeau terrestre à arrêter de tourner provoquant donc la disparition du champs electromagnétique qui nous rendra vulnérable au vents solaire et tout les problèmes qui en découle. Ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas Aaron Eckhart  explique très bien ça avec une pêche.

Bon moi en tout bon geek de base je me disais que les vents solaires c'est cool ca donnera les pouvoirs à tous le monde comme pour les Fantastic mais apparemment ça va plutôt augmenter notre capital bronzage de façon terrible.

Donc Aaron Eckhart est le scientifique/héros qui découvre le problème à cause des piafs qui s'éclatent la gueule sur tout ce qui trouve suite à la vision de The Dark Knight à la disparition du champs magnétique. Après avoir convaincu les autorités du problèmes il se retrouve en moins de 20 minutes chef d'un projet ultra secret pour sauver le monde. Chez Bay il faut que le monde entier sache que Willis face botter le cul de ce fuckin astéroïde. Jon Amiel, le réalisateur de The Core, est plus modeste. C'est un bon gars simple et honnête bien de chez nous dans le Kansas (et là je met rend compte que ma vanne pourri à la base est encore plus naze par le fait qu'Amiel est anglais).

Bref avec Amiel on fait tous cela dans le secret, il faut que personne ne sache que si Rome vient de se faire cramer la gueule par un orage electromagnétique c'est à cause des USA et de leur connerie d'engin qu'on à crée pour niquer ces salauds de coco. Pour cela on va recruter le plus grand hacker du monde pour pirater tous les systèmes informatiques du monde et effacer toute trace d'information sur ce qu'il se passe sur le pont de San Franscico (c'est à cause de Magnéto et hop voila). Donc notre hacker (interprêter par un sosie de Maguire avec un pif énorme) va utilisé son génie pour créer un virus minable et hop le tour est joué.

Mais si ca marche, c'est un génie je vous dis. Un putain de pirate qui renvoi chez sa mère le petit Justin Long et sa figurine Spawn. La preuve que c'est le plus grand des pirates, il joue à Pong et ils fout ces dvd au micro onde quand la police débarque pour l'arrêter (et je vous parle pas du moment où il met le forfait international sur le portable d'Eckhart en faisant de la musique avec un papier de chewing-gum).

Enfin bref on à le hackers mais ils nous manquent les autres. On à donc les scientifique avec le héros (Aaron bouhouhou-je-suis-two-face-je-suis-un-méchant Eckhart), son pote (Tchéky Hi I'm French Karyo), le scientifique méchant mais pas trop, le concepteur ermite du vaisseaux et les deux pilotes (le sage et la rookie).

Ben oui parce que tout ce beau monde va se retrouver à bord d'un vaisseau taupe construit en moins de trois mois. un vaisseau qui peut traverser la croute terrestre grâce à ses lasers et accessoirement parlé aux baleines.

Bien sur pendant ce voyage au centre de la Terre, certains vont mourir juste après nous avoir parlé de leurs gamins, d'autres vont trahir avant de se sacrifier pour la bonne cause et d'autre vont apprendre que halala c'est dur la vie.

Bon j'ai l'air de me moquer mais j'ai bien aimé ce film mine de rien, c'est rempli de truc débile qui passe bien, c'est bourré de cliché ca n'évite quasiment aucun code du film catastrophe et surtout c'est assez touchant dans sa manière de vouloir montrer une destruction à l'échelle de la planète avec le budget de mon court métrage (que je n'ai jamais fait c'est vous dire le peu de moyen du film). Les catastrophes et les morts se limitent à deux ou trois trucs spectaculaires mais pas trop et à beaucoup de CGI de lave et de terre creusé.

Allez la prochaine fois je vous parle du Jour de la fin du monde avec la meilleure réplique du cinéma.

Bonsoir

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Soul men  (La dernière séance) posté le lundi 29 octobre 2007 19:12

L’homme est en perpétuelle quête et cherche sans arrêt des réponses à ses questions existentielles. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Qui sommes-nous ? Quel est ce film de dingue où la princesse Leia se ballade avec un lance-flammes, où le père de Yoda brandit un préservatif usé et où Steven Spielberg tend un reçu à deux trublions fringués en croque-morts en mission pour le Seigneur. Une mission qui accessoirement a rendu ses lettres de noblesses à une musique magique.

Imaginez la scène : un soir à Chicago, voila deux mecs rentrant dans un petit club de blues comme il en existe des centaines dans la capitale de L’illinois. A l’intérieur du bar, l’un se pose sur une chaise et savoure un whisky tandis que son ami monte sur scène et accompagne à l’harmonica le groupe du soir. Ce musicien se nomme Dan Aykroyd et depuis tout jeune il voue un amour sans borne au rythm’&blues. Le voilà sur scène, probablement en train de jouer In The Midnight Hour ou Hold On, I'm Comin' pour son ami de plus en plus subjugué. Ce dernier s’appelle John Belushi, beaucoup plus nourri par le rock et le heavy metal, mais le voilà qui redécouvre avec délectation une musique que beaucoup jugent vieillotte. Il n’en faut pas plus pour que ce cabotin de John monte sur scène et chante avec son pote. Lui qui a prouvé son talent vocal en imitant brillamment Joe Cocker durant un numéro du Saturday Night Live, se trouve comme un poisson dans l’eau sur scène en train de revisiter les standards du blues avec Dan.

Après plusieurs soirées composées de bœufs mémorables entrecoupées de beuveries (et inversement), l’idée vient à Dan et John de prolonger ce duo au sein du Saturday Night Live. Après tout, l’émission possède un très bon groupe et cela serait un excellent moyen pour chauffer la salle à l’aide de numéros musicaux et de sketches. L’idée fait son chemin et voilà qu’un soir les téléspectateurs découvrent Belushi et Aykroyd en costume d’abeille en train de chanter I’m a King Bee. Dan, affublé d’une paire de lunettes noires et d’un chapeau, joue de l’harmonica tandis que John, complètement allumé, chante, bondit et rebondit dans tous les sens. Voilà donc la première apparition d’un Blues Brothers Band à la musique déjà bien rythmée mais pas encore définitive. Car les deux compères visent plus haut que de simples sketches musicaux. Ils veulent faire (re)découvrir tout un héritage musical dément à un public sevré au disco. Pour accomplir leur mission sacrée, il ne reste plus qu’à compléter le groupe, trouver une identité, un look, un nom et un tube.

Au groupe du Saturday Night Live, composé entre autres de Paul Shaffer (clavier), Tom Malone (trombone), Alan Rubin (trompette) et Lou Marini (saxophone), vont se greffer d’autres artistes issus de plusieurs courants. Avec Steve Cropper et Matt Murphy (guitares), Donald Dunn (basse) et Steve Jordan (batterie), le groupe va acquérir un style unique. L’identité ? John Belushi et Dan Aykroyd vont créer leurs alter-egos musicaux : Joliet Jake et Elwood Blues. Deux personnages taciturnes, voire inquiétants, qui ne prennent véritablement vie que lorsque la musique commence. Pour le costume, Dan va s’inspirer du look des beatniks des années 50/60 et va rajouter les lunettes et le chapeau issus d’une pochette d’un album de John Lee Hooker. Le nom du groupe sera soufflé par Howard Shore, alors directeur musical du Saturday Night Live : The Blues Brothers.

Le tube sera suggéré par Steve « The Colonel » Cropper et Donald « Duck » Dunn : Soul Man. Un standard de la soul, écrit par Isaac Hayes & David Porter et interprété par Sam & Dave.

Le prêche peut commencer mes frères.

C’est peu dire que les Blues Brothers soit un succès. En l’espace de quelque mois, Elwood Blues & Joliet Jake deviennent un des monuments du Saturday night Live. Le public redécouvre une musique alors oubliée au profit de la boule disco. Le désir de Dan et John est réalisé et cela de manière talentueuse : s’il y a bien une chose dont il faut prendre conscience c’est qu’ils n’incarnent pas deux personnages, ils sont Jake et Elwood au plus profond de leurs âmes quand ils revêtent leur costume. En cela ils sont aidés par un groupe fabuleux, nexus de plusieurs courants musicaux tel le mélange entre un blues électrique de Chicago et les rythmiques des cuivres de Memphis. La sortie de l’album Briefcase Full of Blues confirme alors l’excellence de ces artistes et le talent musical toujours grandissant de Dan et John, qui vont bien au delà des simples comiques poussant la chansonnette, apportant ainsi au Blues Brothers une légitimité dans leur démarche musicale.

Les concerts se multiplient, leur popularité augmente et John Belushi enchaîne les succès au cinéma. Il n’en faut pas plus pour pousser Universal à produire un film sur les Blues Brothers. Dan Aykroyd se met donc au travail et pond son premier script. Novice dans cette tâche, il écrit un pavé de plus de trois cents pages racontant avec force détails l’origine des Blues Brothers, l’histoire du film et sa suite. Nommé réalisateur, John Landis va épurer un maximum ce scénario pour en extraire l’histoire la plus simple. Celle-ci tournera autour des grands standards que Belushi et Aykroyd auront choisis, fera la part belle aux numéros musicaux et rendra hommage aux grands noms du blues. Alors que le script n’est pas encore finalisé, le tournage commence. Celui-ci se déroule entièrement dans l’Illinois et à Chicago, dans une bonne humeur communicative et dans la démesure. Ainsi, c’est en faisant un repérage dans un centre commercial abandonné depuis plus d’un an que Dan a l’idée d’y tourner une poursuite en voiture, alors que l’endroit est bourré de monde. Il en va de même pour la suite. La production obtient l’autorisation de tourner au sein de Chicago et Landis s’en donne à cœur joie, filmant pas moins de trente quatre voitures fonçant à plus de 150 km/h dans les rues de la ville. Niveau musique, les Blues Brothers vont s’adjoindre les talents de Cab Caloway, Ray Charles, James Brown, Aretha Franklin et John Lee Hooker. Une magnifique brochette de talents considérés comme has-been à l’époque. L’arrivée de Carlton Jonhson est déterminante sur le film et le groupe. Il chorégraphie tous les numéros musicaux et son influence se ressentira sur les performances scéniques.

Le film sort en 1980. A peine sorti de prison, Joliet Jake (John Belushi) apprend que l’orphelinat dans lequel ils ont grandi, lui et son frère Elwood Blues (Dan Aykroyd), va être vendu si les 5000 dollars que réclame le fisc ne sont pas versés d’ici cinq jours. Afin d’empêcher cela, ils décident de reformer leur groupe de rythm’&blues. Cependant, si certains de leurs musiciens sont faciles à trouver et à convaincre, d’autres sont beaucoup plus réticents à quitter leurs jobs et leurs femmes pour repartir sur les routes. Qu’importe pour les Blues Brothers, convaincus d’être en mission pour le Seigneur, ils n’hésitent pas à se mettre à dos un groupe de country, la police, des nazis, l’armée et le pire de tous, une femme amoureuse. Même s’il a été souillé par les fainéants du vocable, il est indéniable que The Blues Brothers mérite le terme de culte. Au même titre que The Rocky Horror Pictures Show et la série originale Star Trek, cette œuvre a connu un faux départ pour acquérir petit à petit une énorme notoriété. Songeons seulement aux costumes portés par des centaines de fans, à Everybody Needs Somebody to Love, au fait que le film a relancé la carrière de nombreux artistes jugés finis. Est-ce un hasard si la version de Think qui s’impose à nos oreilles est celle du film ? Sûrement pas car John Landis, Dan Aykroyd et John Belushi ont réussi une alchimie parfaite entre les images et la musique. Ils ont compris tout ce qu’englobaient les termes « comédie » et « musicale ».

Tout le comique du film est basé sur une idée simple. Jake et Elwood sont en fait de grands enfants qui ont une vision basique de l’univers. Il y a le bien (leur orphelinat, le blues, Curtis..) et le mal (les autorités qui veulent faire fermer l’orphelinat, les nazis..). Un manichéisme primaire, donc, qui engendre alors des clashs jouissifs. La police les empêche de remplir leur mission ? Ils s’enfuient en dévastant un centre commercial ! Un des membres du groupe refuse de rejouer ? Ils viennent dans le restaurant où il travaille en tant que maître d’hôtel et lui foutent la honte de sa vie en draguant les clientes et en bouffant comme des porcs ! Un humour potache (le premier gag du film concerne une capote trouée) soutenue par Jake et Elwood, deux frères taciturnes et misogynes (les jolies filles du film se font séduire puis rouler littéralement dans la boue) qui, au travers de leurs ray ban, voient le monde en noir et blanc. D’ailleurs, ces lunettes de soleil font partie intégrante d’un tout qui nous révèle la véritable nature des Blues Brothers. Ils sont des super-héros avec leurs costumes et leur cachette secrète (vue dans la version longue du film) où est rangée la Bluesmobile, véhicule doté de capacités extraordinaires tout comme ses propriétaires qui, en plus d’adopter une multitude de poses iconiques, sont aussi dotés de pouvoirs hors du commun.

Lors d’une interview, John Landis avait résumé le message du film en faisant un bras d’honneur à la caméra et en se marrant. En donnant des capacités dignes de héros de comic-books à leurs personnages, Dan Aykroyd et John Belushi vont justifier de manière simple toute la démesure du film. La fameuse « suspension d'incrédulité » fonctionne ainsi à merveille. Qu’importe qu’il soit impossible d’échapper à une explosion d’un immeuble ou à celle d’une citerne de gaz, ou bien encore d’arriver à fuir la police, des néo-nazis, des cow-boys bouseux, des pompiers, des CRS , et l’armée, tout cela en même temps... Le fait est que non seulement on y croit mais on s’en régale. Rien n’est plus jouissif que de voir deux grands gamins envoyer chier des multiples institutions castratrices ou fascistes. Alors, quand ce règlement de compte sur fond de rythm'&blues endiablé se double d’un concert de taules froissées, on est à la fête. The Blues Brothers est connu pour ses scènes de poursuites automobiles absolument ahurissantes. Cela commence par une Bluesmobile franchissant l’énorme gouffre qui sépare les deux parties d’un pont pour se finir avec une course anthologique au sein même de Chicago (chose très rare à l’époque, du fait d’un décret municipal interdisant les tournages de poursuite dans la ville). Entre ces deux morceaux de bravoure, on assiste à plusieurs scènes durant lesquelles Elwood pilote sa voiture tel un cartoon des Fous du Volant. Depuis le film, la Bluesmobile est entrée dans le panthéon des voitures de légende, tout en devenant un élément incontournable de la mythologie des Blues Brothers. Toutes ces scènes de poursuite sont réglées et chorégraphiées avec autant de minutie que les numéros musicaux, car n’oublions pas que The Blues Brothers est aussi et avant tout un énorme et fabuleux concert.

La démesure du film a eu comme conséquence fâcheuse de mettre en retrait son aspect musical. Pourtant la multitude de guest stars, la diversité dans les numéros musicaux et la bande originale de grande qualité (une des plus vendues au monde par ailleurs) font que le film sera une réussite sur le plan musical. Dan et John ont gardé la même ambition depuis leurs shows au Saturday Night Live. Celle de faire redécouvrir le blues. Il n’est donc pas étonnant de constater que le film est une immense et belle déclaration d’amour à Chicago et à ces musiciens et chanteurs. Au lieu de se reposer sur leurs lauriers et de mettre en images leur premier album, Dan Aykroyd et John Belushi vont plus loin et nous font découvrir d’autres horizons. Ainsi nous apprécions ici et là des scènes contemplatives où Jake et Elwood se promènent dans les rues de leur ville au rythme du Peter Gunn Theme, de Sweet Home Chicago, de She Caught the Katy ou sur les mesures de guitare de John Lee Hooker. Ainsi, James Brown, Aretha Franklin, Cab Caloway et Ray Charles vont connaître ici une renaissance fabuleuse. Les chansons seront enregistrées en pré-production pour ensuite pouvoir filmer les performances au sein du film. Seul Aretha Franklin et James Brown ne se prêteront pas à l’exercice. N’arrivant pas à chanter en play-back, ils chanteront sur le plateau de tournage. Au final les numéros de tous ces monstres du blues sont inoubliables, leur diversité les rendent unique et la lassitude ne pointe jamais. James Brown donne un prêche tonitruant dans une église tandis qu’Aretha Franklin fait une scène de ménage rythmée à son homme. Même s’ils se tiennent en retrait par rapport à leurs aînés, les Blues Brothers ne sont pas pour autant à la traîne. Quand ils ne se font pas poursuivre par la police sur les chansons de Sam & Dave, Jake et Elwood reprennent un standard de série télé western dans un bar country bourré de rednecks et mettent le feu sur scène pour le mythique Everybody Needs somebody To Love, l’apothéose musicale du film.
 

The Blues Brothers est un miracle, une déclaration d’amour doublée d’une comédie irrévérencieuse où tout le monde en prend pour son grade. Et au dessus de tout ce bordel règnent deux troublions dont la mission pour le Seigneur est de faire swinguer la planète.

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