Accueil Date de création : 29/10/07 Dernière mise à jour : 18/02/09 21:24 / 31 articles publiés

Kaamelott Livre VI : première image  (Flash) posté le dimanche 16 novembre 2008 21:17

Flash rapide ce soir pour une news importante concernant la meilleure série française actuelle à savoir Kaamelott d'Alexandre Astier. Série composé de six saisons (ou Livre) contant les aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde sur un ton comique héritière de Goscinny, Kaamelott évolua dans la forme et dans le fond au fil des saisons. Les épisodes comiques de quelques minutes laissèrent peu à peu la place à des histoires plus longue et plus tragique. Si cette évolution eu pour conséquence de laisser une partie du public sur le coté on ne peux que saluer le travail de l'auteur afin d'amener la série vers d'autre paturage plus excitant. La dernière saison en date, le Livre V, fut la plus belle d'un point de vue créatif mais aussi la plus noir offrant à la série un cliffhanger absolument incroyable pour une série de ce calibre à une heure de prime time sur une grande chaine nationale.

La sixième et dernière saison sera un peu particulière. En effet elle contera l'histoire d'Arthur à l'époque où il servait dans l'armée Romaine. En bref le Livre VI sera une préquelle.

Le site On en a gros, ainsi que d'autre sites consacrés à la série, a reçu les premières images du Livre VI. Je ne les reproduis pas ici mais vous invite à aller sur le site afin de les regarder

http://onenagros.free.fr/?p=339#more-339

http://onenagros.free.fr/?p=345#more-345

Comme dirait le philosophe. Il commence à faire faim.

(merci au madnaute Batman Begins pour l'information)

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"I'm the Doctor. The one, the only and the best !". WTF the only ???  (Flash) posté le samedi 15 novembre 2008 12:45

 

Hello,


Alors pour commencer on va faire simple. Doctor Who est une des meilleures séries du monde. Institution en Angleterre depuis 40 ans, les aventures du Time Lord à bord de son vaisseau voyageant dans le temps et l’espace furent dynamiser par Russell T.Davies en 2005. Doctor Who c’est des aventures de science-fiction absolument extraordinaires, un mélange unique d’humour, d’aventure épique et de tragédie comme seule un anglais aurait pu le faire. A l’heure où la science-fiction végète à trop vouloir être sérieuse (et se vautre les pieds dans le tapis cf Heroes), Doctor Who est une bouffé d’air frais pour tout amateurs d’aliens, d’espace, de courses poursuite et de fantastique. Enfin bref si vous connaissez la série vous savez de quoi je parle, si vous ne la connaissez pas bougez vous un peu pour combler cette lacune.

 

Si la série existe depuis aussi longtemps (ce qui ne l’empêche pas d’être très peu connu et ignoré ici mais c’est pas grave on à l’habitude à force), si la série existe depuis aussi longtemps donc avec le même personnage c’est grâce à une astuce scénaristique qui fut inventé au moment où William Hartnell le premier docteur décida de quitter la série en 1968. Afin de continuer le show, les scénaristes inventèrent le processus de regénération. En cas de blessure mortel, le docteur pouvait guérir son corps via ce processus dont l’effet secondaire est de complètement changer de corps. La série continua donc avec Patrick Troughton puis avec d’autre acteur. Si le personnage restait le même chaque acteur apportait un ton différent renouvelant ainsi les aventures et accrochant de nouvelle génération de fans.

Depuis 2005 et la reprise de Davies, le docteur fut incarné par Christopher Eccleston pour la première saison puis par David Tennant jusqu'à aujourd’hui. Hé oui jusqu'à aujourd’hui. Peu de temps après l’annonce de la passation des commandes de la série entre Russell Davies et Steven Moffat (auteur de certains des meilleurs épisodes de la série c’est dire si cette nouvelle n’inquiète personne), David Tennant annonçait qu’il arrêtait la série à fin de la saison 2009. Une saison particulière qui ne sera composé que de téléfilm d’ailleurs dont un qui sera l’occasion d’une réunion de tous les docteurs. Cette annonce amène donc LA question. Qui sera le nouveau docteur ?


Pour info voici les pronostic (merci à Lurdo pour l’information) :

2/1 David Morrisey
6/1 Paterson Joseph
8/1 James Nesbitt, Chiwetel Ejiofor
10/1 Russell Tovey, John Simm
12/1 Anthony Head
14/1 Robert Carlyle, David Walliams
16/1 Richard E Grant
18/1 Richard Coyle, Aidan Gillen, Alan Davies, Sean Pertwee
20/1 Jason Statham, Harry Lloyd, Nigel Harman, Marc Warren, Jack Davenport
25/1 Julian Walsh, Adrian Lester, Alexander Armstrong
33/1 Julian Rhind-Tutt, Rupert Penry-Jones, James McAvoy
40/1 Bill Nighy, Stephen Fry, Ben Wishaw
50/1 John Barrowman, Ben Miles, David Suchet, Hugh Laurie
66/1 Gary Oldman, Matt Smith, Paul Bettany, Joel Beckett, Christopher Eccleston
80/1 Alex Kingston, Dean Lennox Kelly, Christopher Villiers
100/1 Ricky Gervais
150/1 Hugh Grant, Russell Brand, Vinnie Jones
200/1 Robbie Williams

Les candidats en tête de liste sont donc :

 

Joseh Paterson qu'on a pu voir dans Jekyll, Hyperdrive (comédie de SF avec Nick Frost) et qui est apparu dans les deux derniers épisode de la saison 1 de Doctor Who

 

 

 

 

 

James Nesbitt le personnage principal de la série Jekill crée par Steven Moffat.

 

 

 

 

 

 

Chiwetel Ejiofor

 

 

 

 

 

 

Russell Tovey

 

 

 

 

 

 

 

John Simm le fabuleux Sam Tyler de l'excellente série Life on Mars. Il incarna aussi le némésis du docteur, le Maitre, à la fin de la saison 3 de Doctor Who.

 

 

 

 

 

Le cas de David Morrissey est le plus fascinant actuellement et c’est ce qui justifie ce flash. Si l’acteur de Blackpool et State of Play est le favori c’est bien sur pour l’annonce de sa présence dans le prochain téléfilm du Doctor Who intitulé : The Next Doctor. Voila une image de son personnage, ca ne vous intrigue pas ?

 

Et maintenant si je vous dis que sa première apparition survient au moment où une femme appelle le docteur ? Non rien. Bon allez hop, la grosse artillerie. Voila les deux premières minutes du téléfilm

 

 

1ère constatation : Punaise ! Il n’y a que quand les potes reviennent que vous vous rendez vraiment compte qu’il vous manquez.


2ème constatation : Qui est donc le personnage de Morrissey ? Un imposteur ? Un clone ? Un descendant ? Un docteur d’un univers parallèle ? Ou bien….


Ou bien s’agit t-il là du prochain Docteur ? Et si Moffat, Davies et Tennant avaient anticipés la nouvelle afin de créer un arc au sein des téléfilms sur la prochaine regénaration du docteur. Au lieu de chercher a créer un suspense les auteurs avaient décidé d’utiliser de suite le changement pour en faire un élément scénaristique. Si quelques éléments dans ces deux minutes font planer le doute sur l’identité de ce docteur il n’en reste pas moins que cette idée est à mes yeux la plus intéressante et la plus passionnante. Début de réponse à noël avec la diffusion du téléfilm.

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Babylon 5 : Spider in the Web (2.06)  (Babylon 5) posté le samedi 08 novembre 2008 18:05

Situation de départ

- Taro Isogi, un vieil ami de Talia Winters, arrive sur Babylon 5. Il désire que sa société, FutureCorp, se développe dans la galaxie. En négociant avec Mars, Isogi espère créer des débouchés commerciaux énormes et ainsi permettre à Mars de parvenir à une indépendance, économique tout d’abord puis totale. C’est un rêve qu’il partage avec Amanda Carter, la représentante du conglomérat Marsien qu’il ne va pas tarder à rencontrer en compagnie de Talia.

- Le gouvernement Terrien demande à Sheridan de surveiller discrètement ces négociations (d’espionner en somme). La raison officielle est que la Terre pense que tout ceci n’est qu’un leurre pour mettre en place une nouvelle rébellion, mais en fait il semblerait surtout que le gouvernement Terrien ne voit pas d’un bon œil l’indépendance de Mars. Cet ordre met très mal à l’aise Sheridan qui désapprouve ces méthodes. Babylon 5 est un territoire neutre et personne, pas même la Terre, n’a le droit d’interférer dans les affaires des autres. Il semble pourtant que le pragmatisme supplante les idéaux.

- Taro Isagi se fait assassiner par un mystérieux homme qui l’étrangle et l’électrocute à l’aide de ses mains. Talia est témoin du meurtre mais alors que l’assassin s’approche pour lui régler son compte, celle-ci reçoit des flashs mentaux et perturbe la mémoire de l’inconnu, qui s’enfuit alors complètement déboussolé.

- L’inconnu reçoit l’ordre de tuer Talia mais là encore quelque chose le bloque. Talia a une nouvelle fois des visions. Elle aperçoit un croiseur de guerre Terrien en train d’abattre un vaisseau.

- Sheridan et Garibaldi découvrent l’identité du meurtrier de Taro et ils comprennent alors beaucoup de choses. Il s’agit d’Abel Horn le leader de Mars Libre, une organisation qui recherche l’indépendance par la voie du terrorisme. Tout se complique quand ils découvrent qu’Abel à été tué il y a un an durant les révoltes de Mars (voir A Voice in Wilderness 1.18 et 1.19). C’est ce qu’a vu Talia quand Horn a tenté de la tuer et c’est probablement cela qui l’en a empêché.

Problèmes

- Qu’est-il arrivé à Abel Horn après sa mort ?

- Quel lien entretient-il avec Amanda Carter ?

- Quelle est cette mystérieuse base cachée dans les ruines de San Diego (MODE HISTOIRE ON - San Diego à été complètement ravagé lors d’un attentat terroriste où un groupuscule a fait exploser une bombe atomique MODE HISTOIRE OFF)


- Que sait Sheridan de tout cela et surtout comment ?

Situation de fin

- Pour mettre un terme à sa souffrance, Abel menace Talia afin de se faire abattre par la sécurité. Sa manœuvre réussi mais son corps explose. Ainsi il ne reste plus aucune preuve pour retrouver les véritables coupables.

- Le passé activiste d’Amanda Carter est révélé mais Sheridan décide de passer tout cela sous silence afin que le projet de Taro Isogi puisse voir le jour.

- Talia cache à Sheridan et Garibaldi ce qu’elle a appris en scannant Abel Horn. Le Corps Psy est vraisemblablement responsable de tout cela.

- Devant la colère de Garibaldi, le capitaine Sheridan lui révèle ses informations sur le bureau 13. Une organisation secrète à l’intérieur de l’Etat qui tente de le renverser.

 





Voici donc le début d’un arc de trois épisodes axé sur le personnage de Talia Winters et qui va être déterminant dans son évolution. La télépathe fidèle au Corps Psy va subir des épreuves qui vont remettre en cause sa fidélité envers ceux qui l’ont élevée.

Dans le bilan de la précédente review, j’écrivais que commencerait une trilogie involontaire. Je me dois d’expliquer plus en détail cette affirmation.

Il est clair que l’évolution de Talia était prévue, néanmoins je ne pense pas que cet arc était voulu tel qu’il a été diffusé. A l’époque de la diffusion de cette saison, en coulisses Jerry Doyle (Michael Garibaldi) et Andrea Thompson (Talia Winters) se marièrent, une partie de l’équipe de production voulait qu’une romance se développe entre leurs personnages et Andrea Thompson désirait que son personnage prenne de l’importance dans le show. Tous ces éléments ont donc conduit à cette trilogie non décidée en tant que telle.

Cela n’est pas une mauvaise chose car ces trois épisodes sont bons (voire très bon) et, outre Talia, développent énormément de choses. Cependant l’omniprésence de ce personnage secondaire sur quasiment un mois peut inquiéter et lasser. Le plus dommageable dans tout cela c’est que pour une raison qui sera expliquée plus tard dans la saison, la plupart des éléments amorcés dans cet arc ne seront pas développés. Tout simplement rageant.

Toutefois même si la critique d’un épisode par rapport à sa place et son importance dans la série est primordiale dans Babylon 5 plus que dans toute autre série, on se doit de juger l’épisode en tant que tel.

Ces points éclaircis, laissons-nous emporter dans les étoiles pour une bonne aventure. Spider in the Web est donc un bon épisode dont les fondations se basent sur la première saison, à savoir la révolte de Mars dans A voice In Wilderness (1-18 et 1-19). Beaucoup de bons éléments sont apportés ici, notamment le groupe Free Mars et son opposition à une Terre (décidemment pas un paradis en 2259) qui refuse l’indépendance de sa colonie. Entre ces deux factions se trouve le capitaine Sheridan dont la position se révèle très ambiguë. Il fait mine d’accepter l’ordre de ses supérieurs et d’espionner Amanda Carter et Taro Isogi, pour mieux aider ces derniers dans leurs projets pour l’indépendance de Mars. Il désobéit même à sa hiérarchie en ne révélant pas le passé de Carter et ses liens avec le meurtrier de Taro.

Sheridan explique cette position à Garibaldi en révélant ce qu’il sait du Bureau 13 et dès lors on entraperçoit une facette du personnage jusqu’alors inconnue : Sheridan le conspirateur et le combattant de l’ombre. Une facette dont l’exploration n’en est qu’à ses débuts.

Dans la famille « Conspirateur » je voudrais Talia. La télépathe est le personnage central de cet épisode. En gardant pour elle les informations sur le rôle du Corps Psy dans cette affaire, Talia fait un premier pas vers son affranchissement envers cette organisation. Elle commence enfin à prendre conscience que l’ordre qui l’a élevée n’est pas si bon que ça.

Pour terminer :

- Première apparition de Zack Allan (interprété par Jeff Conaway) qui deviendra de plus en plus important par la suite.

- L’histoire du bureau 13 n’aura, hélas, pas de suite. A la suite de cet épisode, JMS fut contacté par une boite d’édition de jeux de rôle, dont un jeu se nomme Bureau 13. Straczynski dû donc renoncer à cette histoire.
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James Bond par Mechagodzilla / 1962 – 1963 : Une nouvelle race de héros  (James Bond par Mechagodzilla) posté le samedi 08 novembre 2008 11:36

Qu’on aime ou non, il faut bien reconnaître que James Bond représente un cas unique de longévité dans l’histoire du cinéma. Le 21ème Bond est actuellement en cours de tournage et, même si on nous promet à cette occasion une énième relecture du personnage, les règles qui président à sa réalisation sont vieilles de 40 ans. (NDLord : le texte fut écrit en Mai 2006)

C’est dire la pertinence des décisions prises à l’époque par Albert « cubby » Broccoli et Harry Saltzman, deux petits producteurs d’abord concurrents dans la course à l’adaptation des romans de Fleming, mais ayant finalement décidé d’unir leurs forces dans une entreprise commune. Le James Bond cinématographique restera avant tout leur enfant.

La raison d’une telle longévité est assez simple :

- il n’y a pas 1 James Bond, mais plusieurs (et cette multiplicité n’est pas uniquement due à la variété des interprètes qui lui ont prêté leurs traits).

- James Bond n’est plus seulement un personnage, mais un véritable univers filmique, avec ses lois gravées dans le marbre et les autres, plus contournables.

James Bond sera ainsi, à travers ses 20 aventures, le reflet du talent et parfois des errements de ses créateurs (producteurs, acteurs, techniciens, scénaristes...) mais aussi le reflet de chacune des époques qu’il traversera.

Il fut cependant un temps où l’espion au permis de tuer ne se contentait pas de suivre son époque mais générait à lui seul de nouvelles tendances; les premières aventures de Bond étaient le résultat d’un véritable bouillonnement créatif, bouillonnement facilité par des producteurs eux aussi inspirés. Jusqu’à la fin des années 60, chaque film apportera quelque chose de nouveau au genre.

1962 : Doctor NO – James Bond contre Docteur No (Terence Young).
1963 : From Russia with love - Bons baisers de Russie (Terence Young)

S’il n’est pas le meilleur film de la série, « Docteur No » mérite néanmoins mieux que la condescendance qu’affichent la plupart des critiques à son égard. «Distrayant mais bancal», « pas génial mais a le mérite d’être le premier », « sauvé par Connery » sont les commentaires qui reviennent le plus souvent à son propos.

C’est oublier à quel point le film fut novateur en son temps. Pas tant dans sa mise en scène (Terence Young reste au mieux un honnête artisan), mais plutôt dans cette volonté, affichée presque comme une profession de foi, de dépeindre les aventures d’un véritable tueur, à priori pas plus sympathique que les gens qu’il pourchasse, dans un univers de violence et de paranoïa.

En 1962, peu de réalisateurs s’étaient aventurés aussi loin sur ce terrain (du moins dans le domaine du film d’action). Le héros type du film d’aventure reste à l’époque le faux coupable cher à Hitchcock, le cow-boy, le baroudeur bourru mais sympa, autant de clichés que « Docteur No » fera voler en éclat. Seul Robert Aldrich aura osé proposer en guise de « héros » un personnage de détective résolument antipathique et violent dans le mythique « Kiss me deadly » (1955).

Dès lors, on ne peut que se féliciter de ce que les tentatives d’Albert Broccoli et Harry Saltzman pour accoler une vedette au personnage de Bond aient échoué (Cary Grant s’était déclaré intéressé, mais pour un seul film). Un budget limité et l’absence de vedette devant et derrière la caméra ont généralement pour avantage de laisser les coudées franches aux gens désireux de sortir des sentiers battus et Docteur No en est la preuve parfaite.

Après un générique pop-art avant l’heure signé Maurice Binder, le film débute par deux scènes de meurtre (ceux de Strangways et sa secrétaire) aussi graphiques que violentes. Un montage hyper cut, allié à un sens évident du cadrage, en fait encore aujourd’hui de grands moments de violence froide. De même, la façon quasi-documentaire dont est ensuite décrite la mise en branle de la machinerie du contre-espionnage, débouchant finalement sur le visage de Sean Connery la clope au bec prononçant pour la première fois le mythique « Bond... James Bond », concourre à priver le spectateur des repères auxquels il était habitué jusqu’à présent. Sans compter le fait que Connery, qui maîtrise encore mal son personnage, en donne une interprétation plutôt bourrue.

Le Bond de « Docteur No » est encore un simple exécutant (au sens propre comme au figuré) dans un jeu de stratégie aux enjeux bien obscurs et qui le dépassent certainement. Très apprécié pour son efficacité (ses sorties au casino et son appartement plutôt cossu laissent supposer que ses services sont très bien rémunérés) mais suscitant parfois l’agacement de sa hiérarchie, Bond n’est pas encore le sauveur de l’humanité qu’il sera à la fin des années 60, mais un fonctionnaire au statut particulier (la fameuse licence 00) qu’il convient d’activer quand besoin est, assez proche en ça du personnage imaginé par Fleming.

Pendant la première moitié du film, le scénario du brillant Richard Maibaum plongera ainsi le pauvre spectateur dans l’univers glauque mais captivant de l’espionnage des années 60, où chaque interlocuteur est une menace tant qu’il n’a pas montré patte blanche, où des êtres humains relégués au rang de pions préfèrent se suicider ou se laisser casser un bras plutôt que de tomber au mains de l’ennemi, et où le héros (que rien ne différencie jusqu’à présent des gens qu’il pourchasse si ce n’est qu’il est mieux habillé) n’aura aucun scrupule à balancer une « concurrente » aux flics après l’avoir sautée, juste avant de vider son chargeur sur un autre espion désarmé quand ce dernier lui sera devenu inutile. Pour la morale de tout ça, passez votre chemin.

« Docteur No » ne va malheureusement pas au bout de son propos, et à partir du moment où Bond met le pied sur l’île de Crab Key, le film prend un ton nettement plus sérialesque (ton hérité du roman de Fleming, qui voit même 007 se battre avec une pieuvre géante), avec son (faux) dragon, sa poursuite dans la jungle, sa base sous-marine et son savant fou projetant la fin du monde. De même, tout en restant un tueur, le personnage de Bond s’adoucit un peu en devenant le protecteur de Honey Rider (Ursula Andress qui ne sert à rien dans l’histoire, si ce n’est à se reposer les yeux), et d’une façon plus générale, en passant du statut de chasseur (très bien habillé) à celui de proie (beaucoup moins bien habillée).

L’intrigue n’est certes pas originale (un critique mal embouché fera remarquer que Bond passe la première partie du film à essayer de rentrer dans la base du méchant, et la deuxième à essayer à en sortir), mais « Docteur No », tout en respectant encore une certaine cohérence, enchaîne les péripéties à un rythme soutenu ; même aujourd’hui, plus de 40 ans après sa sortie, il reste étonnement regardable (ce que ne peuvent pas prétendre tous les films de la série) malgré un climax un peu expédié (la faute au scénario ou à un budget limité ?). Le pauvre Docteur No méritait mieux que cette mort par noyade assez anonyme que lui inflige Bond, mais Maibaum se rattrapera par la suite.

Le succès du film, notamment en Europe, confirmera à Broccoli et Saltzman que leurs choix étaient les bons. Et c’est pratiquement la même équipe qui entamera le tournage de l’épisode suivant, avec comme objectif de montrer que le succès de « Docteur No » n’était pas dû à la chance.

En producteurs avisés et consciencieux, Broccoli et Saltzman savent que la première chose à éviter, après un gros succès, est de s’endormir sur leurs lauriers. Le Bond suivant devra proposer tout ce qui a fait le succès du précédent, en mieux, et en évitant si possible ses quelques imperfections.

C’est très certainement cette volonté qui les pousse, pour la deuxième apparition de Bond à l’écran, à adapter pour un budget deux fois plus élevé que le précédent (2 millions de dollars), ce qui reste très certainement un des meilleurs romans écrits par Ian Fleming.

« Bons baisers de Russie - le roman », est en effet un thriller solide et mouvementé, dont l’attrait principal réside dans la confrontation entre Bond et son « double maléfique », Red Grant, le tout sur fond de chasse au MacGuffin en pleine guerre froide à Istanbul. Fleming excelle à dépeindre des personnages bien barrés, tels Rosa Kleb, impitoyable chef du contre-espionnage soviétique aux moeurs déviantes et d’une laideur repoussante ou Red Grant, tueur psychopathe aux tendances sadiques.

En bon scénariste, Richard Maibaum sait reconnaître et respecter la qualité du matériau de base. Le scénario qu’il développera restera très fidèle au roman original dont il reprendra la construction presque intégralement, sa principale contribution restant la substitution du SPECTRE en lieu et place des services secrets russes, dans le rôle des méchants de service.

Les films de Bond ne donneront en effet jamais dans l’anti-communisme primaire, au contraire des romans qui s’y vautreront allègrement jusqu’au début des années 60. Le SMERSH, le terrible (et bien réel) service soviétique dédié à la mort des espions et cher à Fleming, ne sera ainsi cité qu’une seule fois à l’écran (« Tuer n’est pas jouer » 1987) et, détente oblige, le Bond cinématographique, s’il entre parfois en concurrence avec « ceux d’en face », ne sera jamais directement confronté à un ennemi agissant sur ordre direct de Moscou.

Quoiqu’il en soit, la quasi totalité de l’équipe de « Docteur No » rempile pour sa suite directe : Terence Young derrière la caméra, Peter Hunt au montage, John Barry à la musique, Maurice Binder au générique, Bob Simons aux cascades, Sean Connery, Lois Maxwell, Bernard Lee devant la caméra. La belle plante de service aura les traits de l’ex miss-Rome Daniella Bianchi. Le major Boothroyd, armurier des services secrets dans Docteur NO, devient Q, responsable des équipements « spéciaux » (les gadgets, quoi...) sous les traits de Desmond Llewelyn.

Pas question cette fois de laisser le film dévier en milieu de parcours ; du début à la fin, Bond évoluera au coeur d’une intrigue presque crédible, dans un des rares films de la série qui puisse se targuer d’être un authentique thriller d’espionnage ; l’accent est avant tout mis sur l’atmosphère, quitte à reléguer les scènes d’action pures dans la deuxième partie du film. BBDR n’est cependant jamais ennuyeux (bien au contraire) grâce à la rigueur d’un scénario où chaque scène fait avancer l’intrigue et où certains moments, même dénués d’action, restent savoureux (mention spéciale à la scène du périscope sous l’ambassade russe).

De plus, Connery tient bien mieux son personnage que dans le premier film. Bien plus à l’aise, il donne peut être là sa meilleure interprétation de l’espion au permis de tuer, notamment dans toutes les scènes qu’il partage avec le regretté Pedro Armendariz (« finalement, il n’y a que le Lektor qui vous intéresse, la fille ne compte pas... », « oui, enfin... »). Bond est encore un être humain et non la machine à distribuer les pains et les bons mots que Connery finira par quitter, lassé, en 1967 ; il commet encore des erreurs de jugement (le cadavre de sa filature soviétique, dans l’église, ne l’alerte pas, pas plus que les circonstances de la mort de Kerim Bay), se laisse parfois piéger (par Red Grant, dans l’orient express, ou Kleb, à Venise) et doit plus sa survie à la chance ou ses capacités physiques qu’à son intelligence supérieure. Tout ceci fait que le spectateur marche à fond dans l’intrigue.

Autre point sur lequel BBDR fait école : le traitement de la violence. Le film est encore aujourd’hui une référence dans le domaine, grâce à la monstrueuse baston opposant Bond à Grant dans l’orient express. Première bagarre à avoir fait l’objet d’une chorégraphie élaborée (Bob Simons en signera encore d’autres du même tonneau pour la série), dynamisée par le montage de Peter Hunt (cuts, accélérés, tout y passe), somptueusement photographiée, cette scène est encore aujourd’hui un des sommets de la série et était encore censurée lors des passages télé du film aux USA il y a quelques années. Cerise sur le gâteau, ni Sean Connery ni Robert Shaw ne sont doublés, ce qui rend la scène encore plus crédible et viscérale.

Considéré comme le meilleur des Bond par certains, « Bons baisers de Russie » reste un film important à plus d’un titre.

Il voit la mise en place définitive de tout ce qui sera la marque de fabrique de la série : l’intro avec le Bond dans le viseur, le pré générique, les génériques de Maurice Binder, le traditionnel « James Bond will return » à la fin, la chanson titre (sur le générique de fin, pour cette fois)...

Il marque aussi (déjà) la fin d’une première période. Le Bond original, proche des romans, dirons-nous, disparaît en 1963. Le fonctionnaire efficace mais encore obscur des services secrets anglais va peu à peu s’effacer au profit de la superstar de l’espionnage, plus en accord avec les aventures de plus en plus extravagantes qui l’attendent, mais aussi moins humain.



Fin du premier chapitre, mais James Bond reviendra dans un prochain décryptage.

Mechagodzilla


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Introduction  (James Bond par Mechagodzilla) posté le vendredi 07 novembre 2008 13:38

Suite à l'énorme déception qu'est Quantum of Solace est les diverses discussions que j'ai pu avoir sur le forum de Mad Movies abordant notamment la modernité du dernier opus ou bien encore son coté vengeur et sadique, je me suis dis qu'il était peut-être bon de rafraichir la mémoire quand aux anciens épisodes bien plus moderne et passionnant que l'on ne le croit. Pour ce faire j'ai demander à mon compère Mechagodzilla l'autorisation de reproduire ici une série de texte qu'il avait consacré à l'un de ses héros fétiches. Je lui laisse donc la parole.


Bon ben voilà... vous avez sous les yeux le premier chapitre du décryptage que je me propose de faire de la série des James Bond (encore que le terme « décryptage » me semble un peu exagéré pour un Bond).

Plutôt que de compiler les fiches techniques et les anecdotes plus ou moins connues (pour ça, je vous invite à faire un tour sur IMdB, c’est une mine d’informations), j’ai essayé de replacer les films dans leur contexte, et de m’interroger sur les raisons d’un succès qui ne se dément pas depuis plus de 40 ans.

De même, plutôt que de consacrer chaque décryptage à un seul film, j’ai également préféré en regrouper certains, dans la mesure où ceux-ci semblent participer à une même tendance, ou refléter le même état d’esprit. J’ai bien conscience que ce regroupement, s’il reste chronologique, est loin d’être objectif, et qu’il en fera sûrement tiquer quelques-uns. Mais encore une fois, l’idée n’est pas d’expliquer pourquoi je préfère tel film à tel autre (quoique...) mais de voir en quoi le film en question participe d’une même dynamique, ou d’une même déchéance...

Bonne lecture en tout cas, j’attends vos commentaires et suggestions avec impatience.

Mechagodzilla

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